Frédéric Couraillon

 

Voici un artiste totalement singulier, ses dessins comme ses gravures semblent tirés de la nuit des temps.

Images à la fois primaires et extrêmement raffinées, sorte de barbarie savante, de révélateur d’âme. Ces visages d’enfants sans âge, vieillards poupons ou cacochymes enfantins, ses oiseaux morts tendus dans une crispation immense vers le ciel, cri absolu de révolte. Ces tourteaux qui nous regardent étrangement rieurs.

Quand la couleur arrive, il s’agit de nids, sorte de marmites diaboliques, de poissons ou de crevettes qui ne sont peut être que les premiers signes, les premiers soubresauts de notre humanité … La matière picturale est ici très présente, granuleuse, bubonneuse, on a envie de presser ces excroissances de couleur pour voir à l’intérieur ce qui peut bien se cacher.

Le trait ici est totalement contrôlé tout en jouant sur le hasard du griffonnage, on pense aux dessins d’Antonin Artaud, mais peut être plus secrètement à Léonardo… On est perdu, envoûté, piégé. On est forcé à voir.

 

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